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Freud, en 1915 déjà, parlait lumineusement de notre attitude double vis à vis de la mort, de notre mort : raisonnablement nous l'acceptons... pour plus tard ; mais profondément, inconsciemment, nous la refusons - "nous avons essayé de tuer la mort par notre silence", écrit-il - cette dernière attitude emporte nos comportements. Arrive un deuil dans notre vie, il nous inflige une perte, nous parle durement de notre propre mort et nous oblige au renoncement et à l'acceptation de limites. Comment pourrait-il ne pas déranger un monde dominé par la course au progrès et à la réussite matériels.
Pourtant ce deuil qui nous déséquilibre et nous endolorit va faire progresser notre vie intérieure pour autant qu'il ne vienne pas réveiller les blessures mal cicatrisées de pertes antérieures non intégrées du fait du caractère hautement problématique des relations qu'elles sont venues rompre. Encore peut-il parfois les faire évoluer positivement. Mais le deuil comporte aussi des risques chez les personnes fragiles ou fragilisées comme les enfants et les vieillards.
L'enjeu alors est double : appeler nos contemporains à repenser à la mort et au deuil par un travail d'information incessant et un ensemble de formations de qualité pour ceux qui interviennent auprès des endeuillés.
Proposer d'autre part à ceux-ci la possibilité d'un soutien diversifié en fonction de leurs besoins et assuré par des personnes tout à fait qualifiées.
Fin Septembre 1992, le Groupe de Travail sur le Deuil constitué par la Société de Thanatologie et la Fondation de France se réunissait pour la première fois. Il rassemblait, outre celles-ci, plusieurs associations, des personnalités qualifiées, des représentants des professions funéraires et de la Direction Générale de la Santé. Son but était de promouvoir une réflexion interassociative sur le deuil et les endeuillés dans notre société actuelle, réflexion qui devait déboucher sur des projets précis, en particulier au niveau de l'aide aux endeuillés en difficulté dont les enfants. Des journées de travail sur les groupes d'adolescents endeuillés au Canada ont été réalisées ; un répertoire des associations pouvant s'occuper des endeuillés a été mis au point (Aide aux personnes endeuillées, Desclée de Brouwer 1997).
Le XXIII° congrès de la Société de Thanatologie s'est déroulé en novembre 1995 sur le thème "Deuil et Accompagnement", le Groupe de Travail sur le Deuil, en tant que comité scientifique, en a organisé le programme. Au fil des mois, des actions concrètes de formation et d'accompagnement se sont mises en place au sien des différences associations.
L'écoute téléphonique spécifique fonctionne depuis novembre 1995 de manière interassociative.
L'association "VIVRE SON DEUIL" est la suite naturelle de ce groupe de travail informel. Elle a pu voir le jour grâce aux Pompes Funèbres Générales (OGF/PFG) dont la Direction a proposé de financer au sein de l'association les activités de soutien aux endeuillés que Chantal Haegel exerçait déjà depuis deux ans dans le cadre de la profession funéraire. D'autres soutiens furent rapidement obtenus de la Direction des Affaires Sociales et de la Ligue Nationale contre le Cancer.
La structure interassociative de "Vivre son Deuil" a nécessité une mise en route progressive au cours de nombreuses réunions afin que chaque association puisse y apporter sa participation constructive et garder sa spécificité. C'est maintenant chose pratiquement faite et les discussions dynamiques de mise en commun vont continuer au sein du bureau et du conseil d'administration.
Le fonctionnement initial de l'association a grandement bénéficié de l'aide de la Société de Thanatologie - faciliter ce genre d'entreprise est dans ses buts - pour le local, le secrétariat, l'organisation des séminaires et du congrès. Depuis Vivre son Deuil s'est installé dans ses propres locaux (7, rue Taylor - 75010 PARIS).
Michel Hanus - Président
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