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EN VOICI
QUELQUES EXTRAITS
Dans ce
livret, voici quelques pages pour vous dire qu'il est normal
de souffrir, qu'il est nécessaire de pleurer, et que
la traversée du chagrin va prendre du
temps.
Voici quelques
repères pour vous qui vivez un deuil et pour ceux qui
souhaitent mieux vous comprendre.
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Quand nous perdons un
être aimé, quelque chose à
l'intérieur de nous se rompt.
Les toutes
premières semaines, nous sommes très
occupés et en général bien
entourés, mais vient ensuite un temps
beaucoup plus difficile, celui de la douleur
profonde, de la solitude... et le long chemin des
questions.

Souvent alors, nous ne
savons plus du tout où nous en sommes, ni
même qui nous sommes vraiment !
Mais à qui parler ?
Qui peut comprendre, qui peut savoir ce que nous
vivons?
Et puis les autres vont
peut-être penser que nous
répétons toujours les mêmes
choses ?
Ou que, le temps passant,
nous devrions déjà aller mieux
!
La mort d'un être
cher est dévastatrice. C'est un
véritable ouragan qui ébranle tous
nos repères et toutes nos perspectives. Nous
étions en chemin, et voilà que, tout
à coup, tout est remis en question. L'avenir
ne peut plus avoir le même sens. Il n'est
plus possible de s'y projeter de la même
façon.
Débute alors ce que
l'on appelle le travail de deuil. C'est une
période très particulière, et
nécessaire, faite de
déséquilibre et de travail
intérieur. Car les données de la vie
ne sont brutalement plus les mêmes, et c'est
bien ce que le coeur et l'esprit vont devoir peu
à peu intégrer...
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"CE N'EST PAS VRAI
!"
Le caractère
inattendu de la mort d'un proche, même
lorsque celui-ci était malade, nous met dans
un état de choc. Nous ne voulons pas croire
à cette réalité et nous
pouvons même aller jusqu'à la nier.
Nous nous trouvons dans un état de
sidération, c'est à dire que nous
sommes soudainement assommés sous l'effet de
ce choc émotionnel. Nous sommes même
affectés physiquement : nous nous sentons
anesthésiés. Cela peut se traduire
par une accélération des battements
du coeur, une baisse de tension artérielle,
des difficultés à respirer, parfois
même un évanouissement... Nous perdons
l'appétit et le sommeil. Ces signes
physiques, et bien d'autres, sont autant de
manifestations d'un état émotionnel
intense, lié à la brutalité du
choc...
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"Quand le médecin m'a
annoncé la nouvelle, j'entendais mon coeur
battre très vite, j'avais froid et j'ai
senti que mes jambes ne me portaient
plus"...
Cet état de
sidération peut durer quelques secondes
jusqu'à plusieurs jours. L'enterrement, qui
nous met en face de la réalité, peut
alors nous sortir de cet état de
choc.
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"Entre le jour de sa mort et celui de
l'enterrement, je suis restée assise. C'est
l'enterrement qui a tout déclenché.
J'ai pleuré toute la
journée".
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"JE LE VOIS
PARTOUT"
Nous sommes
obsédés par les derniers moments
passés avec le défunt et par
l'instant de sa mort. Nous ressentons aussi le
besoin de chercher l'autre à
l'intérieur de nous-mêmes, par les
souvenirs, en lui parlant.
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"Je lui parlais dès le matin
et je lui disais bonne nuit le soir. Je lui parlais
intérieurement, je cherchais les
ressemblances que j'avais avec lui".
Nous cherchons
également le défunt à
l'extérieur : chaque signe, bruit, objet,
odeur peuvent nous rappeler l'être perdu et
nous avons alors l'impression qu'il est
présent.
Parfois, la silhouette, la
démarche, l'aspect d'une personne inconnue
dans la rue peuvent ressembler au disparu, au point
que nous éprouvons le besoin d'aller nous
assurer que ce n'est pas lui.
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"Cette personne avait le même
blouson rouge. J'ai couru pour voir si
c'était lui".
C'est le temps qui peu
à peu estompe ces pensées.
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"J'AURAIS
DÛ..."
Notre besoin de comprendre
ce qui est arrivé nous pousse à
réfléchir à ce que nous
aurions pu mieux faire. Nous nous sentons
coupables, lorsque nous pensons à ce que
nous avons ou n'avons pas fait.
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"J'aurais dû rentrer quand il
m'a appelé pour me dire qu'il se sentait
mal... J'aurais dû appeler le
médecin... Je n'ai pas été
capable d'atténuer sa douleur"...
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"EST-CE QUE JE DOIS
PLEURER ?"
Nous sommes tellement
accablés que nous croyons devenir fous
!
Certaines personnes se
demandent si cela est bien de pleurer. Nous avons
chacun notre manière de réagir. Le
chagrin peut arriver devant un objet, un
vêtement ayant appartenu à la personne
décédée, un souvenir
évoqué par l'entourage...
Il peut parfois
venir par vagues, aux moments où nous ne
nous y attendons pas.
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"Je souffre trop, j'ai mal. Je me
demande si cela finira un jour".
-
"Je me disais qu'un homme ne devait
pas pleurer. Je m'enfermais dans le garage pour y
pleurer seul".
Il peut nous arriver de
nous sentir déprimés. Nous n'avons
alors envie de rien. En nous levant le matin, nous
avons des appréhensions quant à la
journée qui va se dérouler. Nous
n'avons plus goût à rien.
Il est naturel de
ressentir de tels sentiments. Le vide laissé
par le défunt peut causer cet état
d'esprit. C'est la manifestation de notre
détresse morale, de notre sentiment
d'inutilité qui peut nous habiter un certain
temps. Nous pouvons même parfois penser au
suicide.
Si cet état
s'installe, il faut faire l'effort d'en
parler...
Le chagrin, les larmes,
les sentiments qui accompagnent notre tristesse
sont tout à fait normaux et même
nécessaires. Ils permettent d'exprimer la
douleur et, même si pleurer ne change rien,
nous nous déchargeons ainsi de nos
tensions...
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Nous possédons tous
au fond de nous des ressources
insoupçonnées. Ce sont souvent les
moments difficiles qui nous les
révèlent.

Alors, ouvrons nos
fenêtres à ces nouvelles forces et
permettons leur de nous aider à
renaître progressivement à la
vie.
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Photographies de
François-Xavier Bouchart - © Nadine
Beauthéac-Bouchart
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